Plus de 70 % des adultes français présentent une insuffisance en vitamine D, et l’automne qui débute cette semaine est précisément la période où les réserves commencent à fondre. Si les recherches sur la « vitamine du soleil » explosent en ce moment, ce n’est pas un hasard : entre novembre et le début du printemps, le soleil est trop bas en France pour permettre à la peau d’en fabriquer. Et une étude publiée cette année ajoute une donnée qui bouscule une idée reçue : chez les plus de 65 ans, même un bel été ne suffit pas à refaire le plein.
- ▸Selon l’étude nationale Esteban (Santé publique France), plus de 70 % des adultes sont en insuffisance de vitamine D, et 6,5 % en déficit.
- ▸La référence nutritionnelle fixée par l’Anses est de 15 µg par jour pour les adultes ; les apports alimentaires réels tournent autour de 3,1 µg par jour.
- ▸Une étude publiée en 2026 dans l’European Journal of Clinical Nutrition montre que chez les plus de 65 ans, l’insuffisance ne se corrige pas pendant l’été.
- ▸En France, la synthèse par la peau devient quasi nulle de novembre au début du printemps : l’automne est la saison charnière.
Les points :
Pourquoi tout le monde parle de vitamine D à l’automne #
La vitamine D a une particularité : l’essentiel n’en vient pas de l’assiette mais de la peau, qui la synthétise sous l’action des rayons UVB. Or, en France métropolitaine, le soleil descend trop bas sur l’horizon de novembre au début du printemps pour que cette fabrication fonctionne. Les réserves accumulées l’été s’épuisent alors progressivement — c’est pourquoi le creux est atteint en fin d’hiver, entre février et avril, comme le documentent les enquêtes de Santé publique France.
Les chiffres nationaux donnent la mesure du phénomène : dans l’étude Esteban, menée par dosage sanguin sur la population adulte de métropole, plus de 70 % des adultes présentaient une insuffisance en vitamine D, et 6,5 % un déficit plus marqué. Côté apports, l’écart est tout aussi net : l’Anses fixe la référence à 15 microgrammes par jour pour un adulte (20 µg après 70 ans), quand l’alimentation des Français n’en couvre en moyenne qu’environ 3,1 µg.
« Les taux d’insuffisance en vitamine D ne s’améliorent pas pendant les mois d’été chez les personnes âgées et les minorités ethniques. »
— Étude de l’université de Newcastle, European Journal of Clinical Nutrition, juin 2026
L’été ne suffit pas : ce que montre l’étude de 2026 #
Une idée reçue veut qu’un été passé dehors « recharge les batteries » pour l’année. Une étude de l’université de Newcastle, publiée le 4 juin 2026 dans l’European Journal of Clinical Nutrition et menée sur environ 300 personnes du nord de la Grande-Bretagne, vient nuancer sérieusement cette croyance : chez les plus de 65 ans et au sein des minorités ethniques à peau foncée, les taux d’insuffisance ne s’améliorent pas pendant les mois d’été. Plus de la moitié des participants âgés restaient sous les seuils toute l’année.
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Précision utile pour lire ce résultat : l’étude a été financée par un fabricant de compléments (BetterYou), ce que la publication mentionne — un élément de contexte à garder en tête, même si les données nationales françaises, indépendantes, pointent dans la même direction. Avec l’âge, la peau synthétise moins bien la vitamine D, et l’exposition solaire diminue : deux mécanismes bien établis qui expliquent la vulnérabilité particulière des seniors à l’entrée de l’automne.
Et concrètement, que faire à l’approche de l’hiver ? #
Sans tomber dans l’automédication — les surdosages existent, notamment avec les gouttes très concentrées —, quelques repères simples font consensus chez les autorités sanitaires :
- ✓Miser sur les aliments qui en contiennent : poissons gras (sardine, maquereau, saumon, hareng), jaune d’œuf, produits laitiers enrichis — les principales sources recensées par l’Anses.
- ✓S’exposer à la lumière du jour tant que la saison le permet, notamment les mains et le visage, en respectant les règles de protection solaire.
- ✓En parler à son médecin ou à son pharmacien avant toute supplémentation : le besoin, le dosage et l’éventuel dosage sanguin s’évaluent au cas par cas, en particulier pour les seniors, les femmes enceintes et les personnes à peau foncée.
- ✓Savoir reconnaître les symptômes d’une carence en vitamine D — fatigue persistante, douleurs musculaires ou osseuses — qui justifient une consultation.
Questions fréquentes #
Combien de Français manquent de vitamine D ?
Selon l’étude nationale Esteban de Santé publique France, menée par dosage sanguin, plus de 70 % des adultes présentent une insuffisance en vitamine D et 6,5 % un déficit plus marqué. Le creux est atteint en fin d’hiver, entre février et avril.
Pourquoi la vitamine D baisse-t-elle en automne et en hiver ?
Parce que l’essentiel de la vitamine D est fabriqué par la peau sous l’action des UVB. En France métropolitaine, de novembre au début du printemps, le soleil est trop bas sur l’horizon pour permettre cette synthèse : les réserves accumulées l’été s’épuisent progressivement.
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Quels aliments sont riches en vitamine D ?
Les poissons gras (sardine, maquereau, saumon, hareng), le jaune d’œuf et les produits laitiers enrichis sont les principales sources alimentaires recensées par l’Anses. Les apports alimentaires moyens restent toutefois autour de 3,1 µg par jour, loin de la référence de 15 µg.
Faut-il prendre des compléments de vitamine D ?
Pas sans avis médical. Le besoin et le dosage s’évaluent au cas par cas avec un médecin ou un pharmacien, car des surdosages sont possibles, notamment avec les gouttes très concentrées. Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation.




