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Corinne Peirano Je m'appelle Corinne Peirano et suis Diététicienne - Nutritionniste. J'ai créé bienmanger-vivremieux.fr pour y publier conseils et articles de fond.
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27/04/2012

La nutritionniste Corinne Peirano sur le Marathon des Sables 2012 : « J’y étais » !

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Un mois après la conférence nutrition donnée à l’Office du Tourisme Marocain à Paris, lors de la présentation à la presse de la 27ème édition du Marathon des Sables (MDS), je me retrouvais lancée dans la grande Aventure, à vivre le challenge nutritionnel que j’avais expliqué aux média.

J’ai donc couru l’épreuve mythique, le Marathon des Sables édition 2012, soit 250 km sur 6 étapes (33,8 km – 38,5 km – 35 km – 81,5 km, 42,2 km – 15,5 km) avec un intérêt  professionnel pour les aspects diététiques de la course qui allait bien au-delà de l’épreuve sportive : chargée de cours au D.U. Nutrition du Sportif à la Faculté de médecine de La Pitié Salpétrière, j’ai fait du MDS un cas pratique présenté aux auditeurs du DUNS.

Le Marathon des Sables : un challenge nutritionnel

L’autosuffisance alimentaire exigée par le règlement représente un vrai challenge nutritionnel. Le coureur devient autonome en ce qui concerne sa nourriture et toute la difficulté réside dans l’évaluation de la ration énergétique quotidienne (quantités, choix des aliments…) et hebdomadaire avec un minimum de 2 000 kcal par jour imposé par le règlement soit 14 000 kcal pour une semaine.

Au challenge indiqué, s’ajoutent le choix et la constitution du sac à dos pour lequel le poids final demande une fine maîtrise.

En effet, plus c’est lourd, plus le coût énergétique s’élève et handicape le coureur dans sa gestion de course. Exemple : avec un sac pesant 8 kilos, la dépense énergétique quotidienne est différente selon que vous mesurez 1,60 m et pesez 55 kg ou 1,80 m et 75 kg.

Le sac à dos, fidèle compagnon de course

Ce sac à dos, sélectionné avec le plus grand soin sur des critères de légèreté et de solidité, sous format de 20 litres avec sac ventral de 5 l ou option 30 l en dorsal, transporte durant sept jours, la nourriture, un minimum de confort dont le duvet, du matériel de soin et d’hygiène corporel et éventuellement un matelas de gym pour alléger la rudesse du sol.

Pour compléter l’ensemble, il reste à ajouter le kit de survie et le ROAD BOOK, élément essentiel du MDS, fournis par l’organisation la veille du départ.

Au final, le poids du sac lorsqu’il est bien maîtrisé s’élève à 6,5 kg mais peut atteindre 15 kg pour les sacs les plus lourds (poids minimal et maximal autorisés par le règlement).

Se poser en amont les bonnes questions

La logistique ne peut être négligée en amont c’est-à-dire lors de la préparation de la course puisque selon les options retenues, cette dernière va influencer favorablement ou  impacter négativement l’issue de la course.

Or, les questions à propos du Marathon des Sables sont légion car tout un chacun redoute de commettre des erreurs. Ainsi :

Comment utiliser les pastilles de sel données au départ de la course ? Comment et quoi boire ? Boire avant d’avoir soif ? Maîtriser l’Art de l’Autosuffisance  ? Lutter contre la Déshydratation ? Que faire si l’on a emporté des ravitaillements de course composés uniquement de sucré ? Comment faire face à l’écoeurement qui s’ensuit ? Et en cas de Troubles digestifs, comment gérer la situation pour ne pas abandonner ? Comment récupérer ses forces chaque jour pour se relancer au départ de chaque étape le lendemain ? Comment faire face à la fatigue musculaire, quotidienne, à la blessure, au manque de sommeil, aux pieds meurtris ou déchiquetés au contact du Désert rocailleux et sableux ?

Le bonheur de participer avant tout

Le Marathon des Sables ne s’improvise pas tant il soumet les organismes à rude épreuve.

Il faut veiller particulièrement à l’hydratation, prendre régulièrement ses pastilles de sel en complément de la boisson : la déshydratation dans ces conditions de course pouvant susciter un risque vital. Les coups de chaleur affectent dangereusement certains participants alors que les coureurs font face à des températures extrêmes de grande amplitude (1°C la nuit, 50 °C au plus fort le jour).

Il faut par ailleurs réussir à s’alimenter en course et sur le bivouac, autre prouesse, ce qui implique de manger une nourriture inhabituelle et dans tous les cas restrictive, constituée selon les choix retenus de lyophilisés et/ou d’aliments d’usage courant tels que pâtes chinoises, purée, taboulé, olives, dattes, mélanges de noix de cajou, amandes, cacahuètes, noisettes, pistaches, sésame et autres oléagineux, viande de grison, pâte d’amande, barres énergétiques, biscuits secs, bonbons, du salé, du sucré…

Et au-delà de cet aspect nutritionnel, fondamental pour la réussite de l’épreuve, conserver le plaisir de la participation au Marathon des Sables car c’est une chance que de pouvoir évoluer dans un cadre aussi magnifique : le Sahara, le Désert marocain.

Corinne Peirano Diététicienne nutritionniste, Dossard 347 – Marathon des Sables 2012

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